Soutien étudiants NEUROGENYCS

En 2018 le comité de pilotage de la FHU NEUROGENYCS a décidé de soutenir les étudiants des équipes membres afin de leur permettre de participer à des congrès nationaux ou internationaux. Par ce biais la FHU participe à la formation des étudiants mais aussi à la mise en valeur des travaux des équipes.

Laeticia Degiorgis étudiante en thèse au laboratoire ICube (équipe IMIS) sous la direction du Dr Jean-Paul Armspach et du Pr Frédéric Blanc fut la première bénéficiaire de cette subvention NEUROGENYCS.

La seconde bénéficiaire fut Federica Lareno-Facini étudiante en thèse à l’INCI (équipe Physiologie des réseaux de neurones) sous la direction du Dr Isope.

Melle Degiorgis qui soutiendra sa thèse en septembre 2019 « Analyse des réseaux cérébraux par Imagerie par Résonance Magnétique chez un modèle souris de la maladie d’Alzheimer » a participé au congrès AD/PD (Alzheimer’s disease/Parkinson’s disease) qui s’est tenu à Lisbonne en mars 2019.

Elle a pu y présenter ses résultats devant une communauté scientifique de haut niveau, composée de chercheurs en neuroscience et de professionnels de santé issus de laboratoires et hôpitaux  internationaux.

Poster présenté: La maladie d’Alzheimer (MA) est une pathologie neurodégénérative induisant un dysfonctionnement progressif de la connectivité cérébrale à la fois fonctionnelle et structurelle. L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle de repos, l’imagerie du tenseur de diffusion et l’imagerie morphométrique, sont des outils permettant l’étude longitudinale, non-invasive et in vivo des altérations du connectome. Combinant ces approches, un suivi longitudinal a été effectué dans le but de caractériser l’évolution de la connectivité cérébrale chez un modèle souris de tauopathie, la souris Thy-Tau22, présentant des marqueurs pathologiques classiques de la MA au cours du temps. Celui-ci a fait l’objet d’une évaluation à différents stades critiques de la pathologie : avant l’apparition des symptômes, à un stade intermédiaire de la maladie, et à un stade tardif. Pour compléter l’analyse, les résultats obtenus en imagerie ont ensuite été corrélés à des études comportementales et histologiques de ces mêmes souris à chacun des stades étudiés. Les résultats obtenus suggèrent qu’au stade précoce, avant l’apparition des premiers troubles cognitifs, des modifications du réseau fonctionnel de l’hippocampe -région clé de la mémoire- pourraient être liées à des altérations de la voie septo-hippocampique chez les souris Thy-Tau22, elles-mêmes induites par une accumulation précoce de tau pathologique dans l’hippocampe. Ainsi, l’augmentation avec le temps de dépôts pathologiques de la protéine tau dans cette région, propagée à de nombreuses autres aires cérébrales et affectant un nombre croissant de réseaux d’un point de vue à la fois fonctionnel, structurel, et morphologique, pourrait atteindre un seuil critique menant au début des déclins cognitifs dans ce modèle. 

Informations congrès ADPD: Le congrès AD/PD (Alzheimer’s disease/Parkinson’s disease) est un congrès international se tenant tous les deux ans, rassemblant des chercheurs en neurosciences et professionnels de santé issus de laboratoires et hôpitaux à la fois publics et privés du monde entier, dans le but partager et échanger sur le thème des maladies neurodégénératives, par l’intermédiaire de présentations et discussions. Cette conférence offre un programme de haute qualité scientifique, où sont présentées les dernières recherches, avancées et évolutions des essais cliniques sur les maladies d’Alzheimer et de Parkinson. Cette année, la 14ème édition du cycle de conférences s’est tenue au Centre des Congrès de Lisbonne, proposant 7 sessions plénières, 4 forums, et plus de 70 symposium. Parmi les orateurs figurait notamment le prix Nobel de médecine Thomas C. Sudhof, de l’Université de Stanford (USA).  Parallèlement, 1600 posters ont été présentés tout au long des 5 jours de congrès, regroupant ainsi un panel complet de l’état de la recherche internationale actuelle sur les deux neuropathologies les plus fréquentes de la personne âgée.

Federica Lareno-Facini qui à débuté sa thèse intitulée « Understanding the cerebello-cortical communication for the refinement of brain stimulation in the context of schizophrenia » à l’INCI fin 2017, a reçu le soutien de NEUROGENYCS pour assister au congrès « Gordon Research Conferences » (GRC) et y présenter son poster.

Poster présenté: Schizophrenic symptoms are underpinned by communication impairments between brain areas, notably between the cerebellum and the prefrontal cortex. Moreover, time perception has been shown to be altered in schizophrenic patients and first degree relatives. First, we reproduced in mice an implicit timing task developed in human clinical assays in order to study the involvement of the cerebello-frontal pathway in time processing. Combining in vivo multiunit recordings in the prelimbic area (PrL) together with optogenetic stimulation of the cerebellar cortex of healthy head-restrained transgenic mice expressing the Channelrhodopsin 2 in Purkinje cells, we assessed the influence of the cerebellum on local field potential and neuronal discharge during the task. The behavioural task is a metrical judgment task. Water deprived mice are conditioned with 2 acoustic cues after which a water reward is presented. The interval between the last cue and the water can be either fixed or random. Preliminary behavioural results showed an anticipation of the reward in both conditions, which is significantly greater with a random delay. Preliminary electrophysiological results indicate an increase in the theta power (4-10 Hz) in the PrL coincident in time with the delivery of the reward. Furthermore, this increase in the theta power is prevented by a 40 Hz optogenetic stimulation of the cerebellar lobule V and VI. Further analyses must be done to correlate the described electrophysiological changes with the behaviour.

Informations congrès GRC: Ce congrès de renommée mondiale organisé de façon « atypique » diffère des grands congrès internationaux et vise à créer des lieux de débat sur les découvertes scientifiques et médicales de pointe sur le cervelet. Au cours de ces événements, le nombre limité de participants, le lieu de rencontre isolé et la confidentialité imposée pour la présentation des résultats (poster et conférences) garantissent un environnement optimal de partage scientifique. Le Cerebellum GRC réuni des chercheurs du monde entier pour discuter du cervelet sous différents aspects: clinique, électrophysiologique, moléculaire et évolutif. La conférencière principale était Huda Zoghbi, du Baylor College of Medicine, qui a identifié les premiers gènes impliqués dans l’ataxie et a présenté un discours inspirant sur ses travaux passés et actuels en génétique. Une table ronde a permis de débatre librement sur le sujet des «préjugés sexistes dans le monde scientifique». Durant 5 jours et dans un environnement isolé, les participants ont eu de nombreuses occasions de discuter et de créer ou d’étendre leurs réseaux, ce qui est une opportunité rare, difficile d’avoir lors d’autres grandes réunions internationales.